mer.

21

déc.

2011

journal d'atelier 29

Quelquefois un livre, une exposition me confortent dans ma recherche. Je me demande même si ce n'est pas souvent ce que nous voulons des autres : une sorte de confirmation de soi, ce qui semble au demeurant un peu solipsiste... Mais enfin, quand il s'agit de la tremblante flamme de la création, tout ce qui peut l'alimenter est sans doute non négligeable...

Aujourd'hui, c'est Conversations avec David Hockney, de Martin Gayford, qui m'éclaire sur moi-même. Ces entretiens sont agrémentés des derniers travaux du peintre, dont le thème de prédilection en ce moment est le paysage. Le dialogue porte en particulier sur la différence de représentation entre la photographie et la peinture, et le fait que la première n'est pas plus proche de la réalité que la seconde, contrairement au sens commun.

Que ce peintre ait choisi de faire voir des arbres, selon les saisons, après tout son parcours dans le pop-art, les milieux hollywoodiens me rassure. Le seul élément qui ne me convient pas dans ses oeuvres, même si elles sont très agréables à regarder, est sa façon de trahir les couleurs en les exagérant, les simplifiant. On trouve cette même distance chez Nils Udo, que j'avais tellement apprécié, au musée de la Poste, le printemps dernier, et qui m'a fait éprouver une véritable émotion esthétique - ce qui n'est pas aussi courant qu'on pourrait le penser.  Heureusement, d'ailleurs, qu'il y a chez ces artistes des éléments qui me chiffonnent : car autrement, pourquoi prendre mon pinceau ?

Me voilà donc en train de choisir les documents sur lesquels je vais travailler, et de tendre de nouvelles toiles. Outre que cela me fait faire des économies, ce travail artisanal me permet de préparer mes fonds comme je l'entends : ainsi, après avoir enduit le tissu de coton (moins rêche que le lin) d'acrylique, je pose deux couches de gesso. Je passe sur chacune d'entre elles du papier de verre, afin d'avoir la surface la moins rugueuse possible : c'est la leçon que j'ai tirée de ma dernière toile, où chaque coup de pinceau s'est révélé d'une râpeuse austérité...

 

le site de David Hockney

 

 

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