lun.

31

déc.

2012

journal d'atelier 38

Obalk, dans une émission, essaie de démontrer qu'Hopper peignait mal. On en pense ce qu'on veut. Mais c'est vrai que, même s'il y a une véritable émotion à regarder certaines de ses toiles,  les visages restent des caricatures. On peut d'ailleurs penser que ça ne  gênait pas le peintre, parce que mettant en lumière sa misanthropie, ou  un profond désaveu de ses contemporains ...Et on comprend pourquoi aussi dans l'exposition du Grand Palais, le tableau qui contient ce Pierrot mélancolique est considéré comme une étape-clef de son œuvre.
Mais du coup, tout-à-l'heure, j'ai repris les têtes des enfants dans la toile, et j'ai ressenti l'espèce de désespoir habituel à l'acte de peindre, qui consiste, en tout cas pour moi, à ne jamais parvenir à ce que je veux, chaque coup de pinceau étant un échec renouvelé. Bizarrement, ce désespoir-là n'en est pas moins pour moi une des formes du bonheur...
détail Jardin d'Eden VIII, travail en cours
détail Jardin d'Eden VIII, travail en cours
Jardin D'Eden VIII, travail en cours
Jardin D'Eden VIII, travail en cours

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Commentaires : 2
  • #1

    Lucien (mardi, 01 janvier 2013 17:12)

    Oui, peindre c'est comme faire l'amour, c'est un acte manqué ! et c'est tant mieux ... l'acte manqué est un discours réussi, il parle du désir, ... , l'acte réussi, c'est la mort, définitive, hors sens. Cela nous renvoie aussi au "chef d'oeuvre inconnu" de Balzac.

  • #2

    Raphaële (mardi, 01 janvier 2013 19:18)

    Eh oui, Lucien, nécessité de rater pour continuer à vivre ! :-)
    Bonne année à toi.